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- Interview accordée au journl électronique Le Citoyen.

Politique : René Balme tire sa révérence

par René Balme | Catégorie : Presse électronique | consulté 844 fois | 2 commentaire(s)


Le Citoyen : Vous avez annoncé lors du repas du Citoyen, ce dimanche 7 septembre que vous vous retiriez définitivement de la politique locale. On a du mal à y croire !

René Balme : J’avais décidé que je prendrai ma retraite à 65 ans quoi qu’il arrive. Les élections de mars 2014 ont précipité les choses mais ne remettent pas en cause ma décision. J’aurai préféré, biens sûr, passer la main et me retirer dans d’autre conditions. Le PS, les Verts et le PRG en ont décidé autrement, eux qui ont délibérément pris le parti de faire gagner la droite en mars dernier.

LC : Comment peut-on mettre un terme à plus de 30 ans de vie politique locale et nationale après avoir tant innové et été pionnier dans de nombreux domaines ?

RB : J’ai donné 31 ans de ma vie à ma ville et à ses habitants. Nous avions réussi a faire de Grigny, un véritable laboratoire d’idées et un modèle de gestion participative. Je ne citerai pas, ici, tout ce que nous avons fait au cours des 22 ans ou j’ai été maire. La liste serait longue et je sais que certains feront en sorte que cette histoire qui a été écrite avec les différentes municipalités progressistes que j’ai conduites soit connue du plus grand nombre. Et ce, malgré la volonté manifeste de la nouvelle municipalité en place de vouloir faire table rase, y compris en changeant le nom de la ville !

Pour revenir à votre question, je ne suis pas de ceux qui considèrent qu’il seraient irremplaçables. Il y a la relève et je fais pleinement confiance à nos collègues de l’opposition Front de Gauche pour relever le défit… et reprendre la ville en 2020.

Pour ce qui me concerne, je m’étais donné jusqu’au mois de septembre pour murir une décision. Elle est définitivement prise : je quitte la politique pour me consacrer, à ma famille et à des activités que je n’ai pas pu mener au cours des 30 dernières années. Et donc, sauf si une situation exceptionnelle se produisait, je me mets définitivement en retrait.

LC : Vous avez décidé d’accorder cet entretien en exclusivité au Citoyen, c’est assez symbolique non ?

RB : Je me réjouis de ce que le Citoyen m’ait tendu son micro pour publier cet entretien. Pour être honnête, les médias ne se sont pas bousculés depuis le mois de mars et le téléphone est étrangement silencieux. Ce qui me va bien du reste, car, l’avantage de ne plus être un homme public et un élu du peuple, c’est que je peux, enfin, décider à qui je veux parler, à qui je veux dire bonjour, à qui je veux répondre au téléphone, etc. Une liberté totale. Aucune obligation. Aucune contrainte.

LC : Mais passer d’une activité débordante à cette espèce de solitude qui caractérise, en général, la retraite, ce doit être particulièrement déstabilisant !

RB : Pas du tout. Passé le choc de la défaite qui a du durer une quinzaine de jours, je me suis vite adapté à ma nouvelle vie et je n’ai que très peu de temps libre. Il faut dire que j’étais particulièrement bien entouré ! J’ai toujours dit qu’il y avait une autre vie en dehors de l’activité municipale et j’en fais la démonstration aujourd’hui. Parfois, je me dis, que j’aurai du décrocher plus tôt pour prendre du bon temps. J’ai pris beaucoup de recul depuis le mois de mars, notamment au regard de la faculté d’oubli que peuvent avoir un très grand nombre d’habitants de le commune. Et croyez-moi, ce ne sont pas ce que l’on a le plus aidé qui sont le plus reconnaissants.

LC : La nouvelle municipalité est en passe de tout mettre en œuvre pour effacer votre passage. Elle est en train de saborder ds équipements phares comme le Centre de Santé, la démarche participative, la résidence d’auteur, etc. Quel est votre sentiment ?

RB : Je pense que ce genre de comportement est un aveu cinglant de faiblesse et la démonstration que l’équipe de Monsieur Odo a été élue sur la base d’un programme inexistant. La gestion depuis mars ressemble à de l’amateurisme doublé d’un esprit revanchard qui ne grandit pas cette équipe. En effet, la grandeur d’un homme politique ou d’un élu, c’est avant tout d’être au service de sa population, de mesurer ses besoins afin d’y répondre au mieux et de reconnaître le bien fondé des réalisations initiées par ses prédécesseurs en matière de service public notamment.

Ce n’est pas ce qui se passe à Grigny et je le regrette, pour les Grignerots bien sûr, mais aussi pour les anciens élus qui se sont donnés sans compter et qui constatent ce qu’il faut bien appeler un gâchis phénoménal.

Il appartiendra à nos élus d’opposition du Front de Gauche de se battre et de rassembler pour que tout ne soit pas détruit. Il appartient, aussi, aux Grinerots de prendre en main leur destin et leur avenir.

LC : Vous n’êtes pas amer lorsque vous assistez à ce que vous décriviez ci-dessus.

RB : Amer non. Désabusé, oui. Je savais que l’on ne pouvait pas faire le bonheur des gens malgré eux. Je savais, aussi, que l’honnêteté intellectuelle en politique ne payait pas. Tout cela s’est bien confirmé et m’a permis de prendre énormément de distance au cours des 6 deniers mois.

LC : C’est quoi, le programme pour les 6 mois à venir ou pour les années à venir ?

RB : Plein de choses que je ne dévoilerai pas ici. La création va occuper beaucoup de place dans ma nouvelle vie. Les amis, les vrais, aussi. Et puis, regarder le cirque médiatique et politique, qu’il soit local, national ou international, ça occupe pas mal. Je vais, enfin, pouvoir assister en spectateur éclairé au chaos dans lequel s’est plongé notre monde et à son déclin plus ou moins rapide.

La mise en scène de cette fin du monde qui a commencé en septembre 2001 n’arrête pas de me surprendre. Nous assistons en direct à un péplum en 3D avec des scenarii différends suivant que l’on se trouve à l’Est ou à l’Ouest. Chacun joue sa partition pour intimider l’autre. Les réseaux sociaux sont devenus le lieu ou toutes les mises en scène sont possibles ; où le vrai et le faux se confondent. Le monde est un immense terrain de jeux électronique où le sang coule en vrai mais où, parfois, la mise en scène l’emporte sur le réel. Tout est mélangé. Et la folie des hommes n’a pas de limites.

Alors, vous voyez, je ne vais pas m’ennuyer.

Peut être que je continuerai à commenter cette actualité par écrit, si l’envie s’en fait sentir.

Et puis, regarder le soleil se lever sur les montagnes cévenoles est un spectacle dont on ne se lasse jamais.

LC : Si je comprend bien, vous allez poursuivre le travail que vous menez avec les médias alternatifs, sur le net notamment ?

RB : Poursuivre et amplifier, peut être. Les médias alternatif sont des contre-pouvoirs indispensables qui portent un autre éclairage sur la marche du monde. Le Citoyen, à, lui aussi, toute sa place dans le Sud du département et il conviendra de le faire vivre de belle manière. Le monopole de l’unique titre de la presse locale n’est pas une bonne chose, ni pour la démocratie, ni pour le débat d’idées. Le Citoyen que j’ai créé avec quelques militants en 2005, a donc de beaux jours devant lui. N’en déplaise à ses détracteurs.

LC : Vous aviez publié l’an dernier un ouvrage à la Passe du Vent, intitulé « Sans concession » qui renfermait certains écrits prémonitoires me semble-t-il !

RB : Il s’agissait d’une longue discussion avec Thierry Renard. Alors quand on discute, parfois on se confie, on anticipe, on se penche sur son passé, on envisage l’avenir, etc. Ce fut un exercice passionnant et malgré le boycott médiatique total, l’ouvrage a été pas mal diffusé. C’est important de dire que l’ensemble de la presse régionale a reçu le livre en service de presse et n’a produit aucun article. Un black-out complet qui ne m’a pas surpris mais qui est assez éloquent !

LC : Que doit-on vous souhaiter pour les prochains mois ou les prochaines années ?

RB : Une excellente santé ? Le reste, je l’ai déjà.

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2 Messages

  1. David dit :

    avant de vous souhaiter une excellente santé, je tenais à vous remercier pour les trois forums sur la désobéissance à Grigny, et pour les semis désobéissants, que j’ai eu l’occasion de pratiquer à Lyon.
    Je suis indigné mais sans vraiment être étonné du coup tordu mené lors des dernières municipales par les escrologistes présents parmi les verts. J’avais adhéré à ce parti en 1997, après l’arrêt de la centrale nucléaire Superphénix et du Canal Rhin Rhône et juste avant les pressions exercées par Dominique Voynet envers Lionel Jospin pour abandonner l’A.M.I.
    Mais les leçons de libéralisme données par Daniel Cohn ben Dit m’ont motivé à renvoyer ma carte...en 1998 !!!
    C’est moins dur pour moi de résister en dehors de ce parti.
    Histoire de partager un peu dénergie dans nos luttes, je préfère malgré tout chanter, et mettre sur cette page l’air des canuts sans OGM

    Pour chanter la loi du plus fort
    Il y a des OGM de mort
    Ca ne profit’ qu’aux gross’fortun’ du monde
    et nous pauvres humains nos terr’sont moribondes
    C’est les OGM
    qui nous rendent blèm’ (refrain 1, ou R1)

    Pour doper leurz’affair’en or
    Ils inventèr’nt Terminator
    Ces plants stéril’ portant des graines mort’
    Et nous pauv’citoyens la tomb’vient près d’nos portes
    (R1)

    Nous avons fait un mauvais sort
    A ce maudit Terminator
    Mais ils voulur’nt encor’gagner du fric
    De nouveuax gèn’s subirent leurs magouilles cyniques
    (R1)

    Mais notre monde reviv’ra
    Quand leur délir’ agonis’ra
    Nous sèmerons, dans leurs cultur’z’immond’
    Des grain’ qui étouff’ront leur plantes nauséabondes
    C’est nous les semeurs
    Semons tous en cœur (R2)

    Et tous ensembl’ nous cultivr’ons
    Des champs fertile ’z’ à foison
    Allons semer, des variétés nombreus"
    Et retrouvons un’planèt’en fin plus heureuse
    (R2)

    A bientôt,
    au plus tard en février 2015 à fontaine pour le 4e forum de la désobéissance, dont j’ai été informé par la revue les z’indignés www.les-indignes-revue.fr

  2. DAVID répond :

    bonjour,
    Les semis désobéissants menés samedi 08/11 dernier au marché bio de la croix
    Rousse (Lyon 1er près du métro Croix Rousse) ont connu un franc succès auprès du
    public mais aussi de vendeurs.
    Le public était invité à semer des variétés locales de blé, dans de petits pots
    de terre, à emmener chez soi ou à donner à un paysan vendant sur le marché, pour
    qu’il mette les petits pots de semis, en pleine terre.
    Il s’agissait d’impliquer le public dans la lutte contre la biopiraterie (OGM,
    brevets, certificats d’obtention végétale, etc...). Plusieurs dizaines de
    personnes ont ainsi participé à ce semis désobéissant aux diktats des grandes
    firmes semencières transantionales.
    Je remercie Eric Boutarin animateur du média alternatif "la télévision
    paysanne", de m’avoir donné plusieurs kilos de grains de blé dont les ascendants
    existaient bien avant les OGM et hybrides.
    Je souhaite rééditer cette action à l’instar de ce qu’organisait René Balme
    quand il était maire de Grigny, et que je remercie également.
    Mais, cette fois, je souhaite prendre le temps de le faire avec vous
    (excusez_moi de en pas avoir pris le temps de le faire avant le 08/11, mais j’ai
    "choisi" cette date à l’arrache tant qu’il ne faisait pas encore trop froid pour
    faire ces semis de fin d’automne).
    Je vous propose donc de nous rencontrer pour préparer de nouveaux semis
    désobéissants le printemps prochain ou même en février si possible, avant le
    forum de la désobéissance. Celà nous laisse plusieurs semaines pour nous mettre
    d’acord sur le sens à donner à cette action, pour prévoir banderolles, tracts,
    etc...et même chanter l’air des canuts dans une versio anti OGM que j’ai
    concoctée, et pour un partage des récoltes avec le public quelques mois plus
    tard.
    Outre la désobéissance à la privatisation du vivant, cette action renforce les
    liens entre consommateurs du grand Lyon et producteurs paysans locaux, situés à
    quelques kilomètres de Lyon.
    Je serai disponible pour une rencontre , le mercredi 3 décembre, ou le jeudu 4,
    ou le vendredi 5, ou à uen date ultérieure, dans un lieu à déterminer, au
    minimum dans un café lyonnais
    Cordialement
    Christian David,
    membre des amis de la confédération paysanne et de kokopelli

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