Rapport de la Chambre Régionale des Comptes : lettre ouverte à M. Odo, maire de Grigny

Monsieur le maire,

Dans votre lettre à la population d’octobre 2017, vous revenez sur le rapport de la Chambre Régionale des Comptes.

* Elle commence par un premier mensonge.

Vous affirmez : « En 2003, la CRC était déjà venue enquêter à Grigny. Étrangement rien n’avait été rendu public. » (Sic) Faut-il vous rappeler, M. Odo, que les rapports de la CRC sont toujours rendus publics par cet organisme et qu’en 2003, ce n’était qu’un contrôle partiel qui avait été effectué par la CRC. La ville, quant à elle n’a rien caché de ce rapport, et pour cause, il nous était largement favorable. Nous vos invitons à consulter les archives de la ville.

* Deuxième mensonge

Vous affirmez : « Avant 2014 plusieurs achats ont été effectués sans contrôle et sans mise en concurrence… ». Nous pouvons affirmer ici que tous les achats ont été effectués soit sous appel d’offre, lorsque le montant du marché l’exigeait, soit avec mise en concurrence dans le respect le plus strict de la loi. Le contrôle de légalité préfectoral et le trésorier payeur général (percepteur) veillait du reste à ce que la réglementation soit appliquée. Donc lorsque vous pointez 14 achats effectués hors procédure marchés publics vous oubliez de dire que ce n’était pas une obligation, que la mise en concurrence simple suffisait et que le Trésorier payeur général vérifiait le respect des procédures avant de payer.

* Troisième mensonge

Vous affirmez : « Certains recrutements n’étaient pas fondés sur les compétences et étaient irréguliers. » Cette affirmation vise, on le suppose, le centre de santé Christian-Cervantes. Faut-il vous rappeler à M. Odo que le centre municipal de santé a été mis en œuvre en partenariat avec, notamment, le Préfet de l’époque et l’Agence Régionale de Santé. Qu’il s’agissait d’une procédure expérimentale et d’une décision politique forte, appuyée par les habitants.

Les recrutements ont été effectués après avis du Centre de Gestion. La CRC pointe un désaccord pour ce qui est des temps partiels mais ne remet pas en cause l’ensemble du fonctionnement du Centre municipal de santé.

Que vous n’assumiez pas la monumentale erreur qui est la votre d’avoir fermé le Centre de santé privant de médecin traitant plus de 1000 de nos concitoyens – ne vous autorise pas à discréditer l’ancienne municipalité, en affirmant, une fois de pus, qu’au Centre de Santé « tous les emplois étaient irréguliers » ce qui est un mensonge supplémentaire puisque, seulement, deux emplois sur les quatre, pouvaient poser problème, selon la CRC, du fait qu’il s’agissait de temps partiels.

* Quatrième mensonge

La ZAC de Chantelot est un dossier compliqué qui ne semble pas être compris par le maire que vous êtes et par votre équipe. Précisons que lors de l’adhésion au Grand Lyon, la ZAC de Chantelot était en chantier et que le cabinet d’experts (KPMG) a proposé que ce chantier soit terminé par la ville de Grigny. Il a calculé que son déficit serait de 2 millions d’euros et que cette somme serait versée par le grand Lyon à la Commune de Grigny lors de la clôture de la ZAC. C’est un arrêté préfectoral qui a fixé les lignes de cet accord.

Précisons, aussi qu’avant les élections de 2014 nous étions en négociation avec le Grand Lyon pour que la ZAC soit reprise entièrement par le Grand Lyon. Nous n’étions pas loin de conclure. Les élections de 2014 ont bouleversé le calendrier et au lieu de reprendre les discussions, vous menacez d’aller au tribunal. De notre point de vue n’est pas la meilleure solution.

La chambre régionale des comptes, dans son rapport ne porte aucun jugement sur ce transfert. Elle énumère seulement des faits et nous invitons les grignerots à lire cette partie du rapport que nous, publions ci-après.

A aucun moment il n’y est fait état comme vous l’affirmez de : « … l’arrangement politicien entre R. Balme, M. Passi et G. Collomb sur le dos des Grignerots. ». Cette affirmation est une fois de plus diffamatoire.

* Pour ce qui est des finances locales

Les «fameux» emprunts toxiques dont vous vous gargarisez et qui ne faisaient courir que très peu de risques à la commune, ont été signés du temps où DEXIA étaient la banque des collectivités locales. C’est sur les conseils de cette structure, aujourd’hui disparue, et dont aucun de ses dirigeants n’a été inquiété, que la ville de Grigny a souscrits ces emprunts.

Nous avions commencé un travail de renégociation de ces emprunts en 2013 et en votre qualité de maire, vous n’avez fait qu’achever le travail, entrepris par l’équipe précédente.

* Promesses non tenues

Monsieur Odo, précisons que depuis 3 ans, vous avez supprimé bon nombre d’emplois, fragilisant du même coup l’ensemble des services publics. Vous avez imposé des augmentations non négligeables de certains services, réduit les subventions aux associations, réduit les investissements, etc. Malgré ces économies draconiennes, vous n’avez pas été capable de baisser les impôts locaux.

Faut-il rappeler qu’’une promesse phare de votre campagne électorale de 2014 consistait à baisser les impôts dès 2015.

* En conclusion

Monsieur Odo, au lieu de rejeter, sans cesse la faute sur vos prédécesseurs, vous seriez bien inspiré d’assumer vos choix politiques issus de la droite la plus dure et la plus extrême.

Vos insinuations, amalgames, demi-vérités ou mensonges dans le seul but de salir les personnes ne sont pas un procédé qui grandit celui qui les utilise. Cela ne constitue en aucun cas un argument politique.

Nous vous rappellerons, par ailleurs, que la CRC ne nous a accusé d’aucune malversation et que, dans son rapport final elle ne fait que deux remarques !

Cette lettre sera rendue publique dans les prochains jours.

Nous vous prions d’agréer nos cordiales salutations.

Pour l’association des anciens élus

Béatrice Rollat, Présidente
René Balme, maire honoraire

 

 

 

Le rapport complet de la Chambre régionale des compte est disponible en cliquant sur ce lien.

Leave a Comment