Les grandes additions

Il faudra bien qu’un jour nous reprenions les armes,

Non pas pour divaguer ou pour semer des larmes

Mais pour reconquérir ce qu’ils nous ont volé.

Peuple de quatre sous à qui l’on dit ta gueule ;

Peuple de mes aïeux tombés sous la nausée ;

Il faudra bien qu’un jour nous ne soyons plus seuls.

Nous venons de si loin et certains se souviennent.

Cette force, adossée à ceux qui nous retiennent,

Nous porte face au vent des grandes migrations.

La page qui se tourne écrit une autre histoire

Où il sera question des grandes additions.

Mais personne ne sait qui force nos déboires.

Cet antique destin que nous avions tenté,

Porteurs de vérités qui sans doute venaient

Du fin fond de l’étoile où il est dit que rien

N’est issu du hasard ou de la destinée ;

Cet antique horizon que nient les historiens

Porte la trahison des chairs scarifiées.

Voici venu le temps de l’image et du doute ;

D’impossibles écrits et de cris en déroute.

La peur ne déteint pas au carreau des usines

D’où sortent des mendiants étiquetés et tristes

En route vers le rien d’une vie qui décline

Alors que les espoirs sont le lot des artistes.

Que vous ont dit ces fous qui passaient dans le vide ?

Que vous ont dit les chiens qui portaient les subsides ?

Que vous ont dit les morts posés comme des rides ?

Sur cet océan noir d’où l’on n’attends plus rien,

Même pas la tempête où le vent qui décide

De tout anéantir pour forcer le destin.

Grigny

Le 24 janvier 2013

1 Comment

  1. fande dit :

    Les grandes additions
    Ce que suggère le papillon
    porté au vent du révolté
    prenant la hache de bucheron
    nous pourrons tous nous élever