Grigny sème la diversité

La municipalité formalise son association au mouvement des semeurs volontaires de biodiversité et associe la population à cette démarche en organisant, depuis près de deux ans, des semis, des récoltes et des échanges désobéissants.

En conservant, en semant, en multipliant, en échangeant et en vendant des semences de variétés paysannes libres de droit, non mutées ni manipulées et non inscrites au catalogue officiel, la contribution au renouvellement indispensable de la biodiversité cultivée est assurée. Ce sont aussi des garanties pour l’existence des agricultures paysannes et biologiques, seules capables de nourrir et refroidir la planète. Ce sont des défenses du droit à une nourriture suffisante, de qualité et à la souveraineté alimentaire.

Les semences sont le bien commun des communautés rurales qui les ont sélectionnées et conservées. C’est pour cette raison fondamentale que le maire que je suis refuse tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant, le fichage génétique des plantes et des animaux dans le seul but de faciliter ces formes légales d’appropriation privée des biens communs et enfin, je refuse les semences industrielles manipulées, grosses consommatrices d’engrais et de pesticides chimiques qui réchauffent la planète, polluent le sol et le sous-sol et affament les peuples pauvres pour nourrir les plus riches. Le Conseil municipal de Grigny, en date du 31 mars 2009 s’est d’ailleurs exprimé unanimement en ce sens en demandant au gouvernement de traduire, effectivement, le TIRPAA dans notre législation nationale, en vue de reconnaître aux agriculteurs et jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou du matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Le Conseil municipal demande, conjointement, aux parlementaires de faire respecter leur vote en interdisant tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux des agriculteurs.

Ainsi, la Ville de Grigny invite ses habitants à devenir volontairement, à ses côtés, receleurs et diffuseurs de variétés paysannes interdites par des lois estimées illégitimes. Si l’ensemble des paysans, jardiniers, consommateurs, citoyens sème et cultive la biodiversité partout dans leurs champs, jardins, balcons, alors le château de cartes des droits de propriété intellectuelle sur le vivant s’écroulera.

Les habitants de Grigny participent ainsi à la bourse d’échange de graines et boutures paysannes du Marché aux Fleurs et aux semis désobéissants qui ont lieu maintenant chaque printemps, sur une parcelle municipale. Chacun est invité à faire de même chez lui. Le 08 octobre 2010, c’est la récolte qui réunissait tout un chacun pour ce geste illicite. Le recel de graines de courge, blé, millet, oseille, maïs et tournesol est dûment assumé.

René Balme

 Maire de Grigny 69520

 Novembre 2010

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