Nous ne sommes pas de ce monde !

Edito du journal Le CITOYEN N° 35

Alors que l’appauvrissement du plus grand nombre est une dure réalité, le monde de la finance ne s’est jamais aussi bien porté avec la complicité de ceux qui nous gouvernent. Quand va s’arrêter cette spirale infernale qui nous conduit, collectivement, droit dans le mur ?

Aujourd’hui, force est de constater que le pouvoir sarkoziste en place n’oeuvre pas pour le bien public ni pour améliorer la condition du plus grand nombre. Bien au contraire. Monsieur Sarkozy s’est mis, dès son élection au service de la finance et de ses représentants les plus zélés. Mélangeant de façon obscène vie publique et vie privée, celui qui devrait, de par sa fonction conserver une attitude digne et particulièrement neutre, affectionne plus que tout la compagnie des ”pipoles”, met en scène sa vie de couple et porte un regard dédaigneux sur la fameuse France d’en bas… qui n’est pas de son monde.

La presse, servile et aux ordres, a depuis longtemps cessé d’accomplir sa mission avec la déontologie qui devrait la caractériser. A longueur de journée, chaque journaliste du PAF se gargarise, ad noseum, du nom présidentiel. Et la fonction de Président de la République s’efface au profit du patronyme de l’individu. La marque Sarkozy est née, portée haut et fort par toutes celles et ceux qui distillent la parole élyséenne, et ils sont nombreux.

Le divertissement et la politique se mêlent à longueur d’antenne, de telle sorte que l’on ne sait plus qui est l’homme politique censé conserver de la retenue et de la réserve, et qui est l’amuseur public missionné pour faire oublier la dure réalité quotidienne. Un mélange des genres pervers et particulièrement dramatique s’est désormais installé dans nos lucarnes.

Il est vrai que le directeur de Radio France, Philippe Val, est un ancien comique troupier qui, en son temps, avec son ami Patrick Font, ne faisait pas dans la dentelle. Comme quoi, l’on peut avoir été gauchiste, chansonnier, vulgaire, amuseur public et se retrouver, par la grâce du Président, Directeur d’une radio de service public.

Le brouillage des pistes est devenu désormais la norme et si les mots avaient encore un sens, peut être parlerait-on de négationnisme au quotidien.

René BALME

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