Des medias complices

Aujourd’hui, les dictatures n’ont pas à avoir recours à la torture, aux exécutions sommaires ou à l’emprisonnement de masse. Elles ont les médias, suffisamment aguerris et entraînés pour laver les cerveaux et leur distiller soigneusement, méthodiquement et quotidiennement le prêt à penser qui fera de chaque citoyen l’électeur modèle formaté pour reconduire, reproduire, malgré lui, le modèle. Aujourd’hui, en France, ce modèle est incarné par Nicolas Sarkozy et porté par l’UMP.

Les 100 premiers jours de cette présidence nous ont donné un aperçu de ce que pourrait être demain, lorsque les échéances électorales – et les municipales, notamment – seront passées. Il n’y aura plus de retenue, plus de frein et le rouleau compresseur UMP pourra mettre en œuvre son projet de société. Un projet calqué sur celui des néocons américains et destiné à s’emparer des richesses des pays les plus pauvres pour permettre à quelques multinationales, quelques familles, quelques puissants de régner sans partage sur le monde. Et pour atteindre cet objectif, il faut que notre modèle de société explose. Il faut défaire tout ce qui reste de résistances et de solidarités. La stratégie de la peur fera le reste, relayée, par le pouvoir médiatique servile.

Il ne s’agit pas d’une fiction. C’est bien cette réalité là qui est en marche dans un espèce de consensus qui peut paraître surprenant mais qui ne l’est pas. Car il n’y a pas de hasard à ce qu’un Bernard Kouchner soit aux affaires étrangères, qu’un Pascal Lamy soit à la tête de l’OMC, qu’un Dominique Straus-Khan soit en passe d’accéder à la tête du FMI. Ces serviteurs du capitalisme, qui ont choisi un parti de gauche pour faire carrière à la sortie de l’ENA et accéder aux plus hautes fonctions, n’ont aucun état d’âme et l’âge arrivant à grand pas, c’est sans aucun état d’âme que ces mercenaires ont adhéré au projet porté par l’UMP.

Et dans ce brouhaha idéologique où les valeurs disparaissent et où tout est fait pour faire éclater les schémas traditionnels et brouiller les consciences, il est entendu qu’il ne doit plus y avoir de repères afin d’accentuer la division… Les expériences des pays susceptibles de faire la démonstration qu’une autre société peut se construire sur les valeurs humanistes et socialistes sont et seront tournées en dérision. Le mensonge ou la désinformation font partie de cette stratégie et malheur à celui qui ose contester la version officielle donnée par la presse aux ordres…

Le 26 septembre 2007

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