Savoir dire NON à l’AGCS

L’Accord Général sur le Commerce des Services oblige 147 pays signataires, dont la France, à mettre en concurrence internationale leur secteur de services. C’est à l’Union Européenne que la France et les autres pays d’Europe ont délégué le soin de proposer les secteurs qu’ils offrent et les demandes qu’ils font. La liste des secteurs (tenue quasi secrète) devra être arrêtée et remise fin mai 2005. Une raison essentielle de dire NON à la constitution européenne pour ne pas laisser les technocrates de Bruxelles décider de l’avenir de notre service public.

Lors de l’Assemblée Générale du 3 décembre à Grigny, les élus, dans leur grande diversité, proposeront plusieurs pistes d’action pour s’opposer à la libéralisation du service public.

Mener le combat contre l’AGCS et au-delà, l’OMC, suppose de convaincre et de rassembler les parlementaires qui seuls ont le pouvoir de légiférer. Cela suppose aussi d’avoir la même démarche en direction des collectivités locales qui ont le pouvoir de délibérer. Cela suppose, enfin, d’alerter chaque élu pour qu’il se fasse le relais de ce combat, car c’est bien d’un combat dont il est question. Et lorsque cette mobilisation là sera réussie, alors, il faudra se rassembler avec la société civile, les associations, les citoyens et donc avec tous ceux qui veulent mener cette bataille contre la dictature économique que représentent l’OMC et l’AGCS.

DICTATURE ÉCONOMIQUE

Les mots ne seront jamais assez forts pour exprimer ce qui se trame dans le silence feutré des salons de l’OMC puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de donner en pâture, aux industriels et financiers de la planète, l’ensemble des services publics des 147 pays qui composent l’OMC. Et si nous n’y prenons garde, si nous n’alertons pas les élus, les citoyens, cette privatisation qui ne veut pas dire son nom se fera, sans même que les parlements n’aient eu à en débattre et encore moins à se prononcer. Il y a là un déni de démocratie qui fait froid dans le dos au moment même où l’on nous vante les mérites de l’Union Européenne et de sa “fameuse” constitution qui n’est, en fait, qu’un outil supplémentaire au service des multinationales pour les aider à faire main basse sur la manne financière que représente le service public.

TOUT N’EST PAS PERDU POUR
AUTANT

Sous les pressions exercées tant par les organisations politiques, syndicales que les ONG, le calendrier d’application de l ‘AGCS a été modifié à plusieurs reprises. Depuis le lancement de la négociation AGCS 2000, la contestation s’est organisée et grandit. À Cancun, les accords sur l’agriculture ont échoué grâce à la mobilisation des ” petits ” pays notamment. De plus, les quatre nouveaux accords prévus, ont été retoqués. En France la mobilisation a permis de préserver, jusqu’à aujourd’hui, le secteur culturel du champ des négociations commerciales. Par petites touches, l’OMC recule et il est possible de frapper plus fort encore pendant qu’il est temps. Nous avons jusqu’en mai 2005 pour faire entendre notre voix et gageons que le référendum sur la constitution européenne aura lieu pour que s’ouvre un véritable débat et qu’éclate enfin au grand jour ce qui se trame de longue date dans les couloirs de Bruxelles, avec la complicité active d’une grande partie de la classe politique française.

LES ÉLUS S’ORGANISENT

En créant le Réseau des Élus et Collectivités Hors AGCS, la volonté est désormais affichée de se saisir politiquement de ce dossier, pour exiger le débat et peser à tous les niveaux ; pour s’opposer au totalitarisme des multinationales qui ont décidé (en créant des structures supranationales) de s’affranchir des lois votées par les représentants du peuple. La ville de Grigny a décidé de se placer résolument hors du champs de l’AGCS par délibération en date du 10 juillet 2003. C’est un acte politique majeur et qui n’a rien d’opportuniste. Il y a une réelle volonté de ne pas laisser s’affaiblir le service à la population et d’affirmer fortement qu’il est des secteurs qui ne peuvent et ne doivent pas sortir du champ public. Aujourd’hui notre ville offre une palette de services appréciés de tous car répondant à un besoin réel. Les tarifs qui sont appliqués tiennent compte des ressources des familles, ce qui est un principe fondamental pour l’accès au service public. Personne d’autre que la minicipalité ne peut rendre ces services et il serait illusoire de penser que de les confier au privé permettrait d’en réduire les coûts pour l’usager final. Est- ce que l’ouverture du capital d’EDF-GDF va faire baisser la facture ?

Il semblerait que l’on nous annonce le contraire.
annonce le contraire.

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